•  À discuter, compléter, et faire passer dans vos réseaux...

     MARCHE POPULAIRE POUR LE CLIMAT (suite)

     

     Pour faire suite à la Marche Populaire pour le Climat où beaucoup se sont mobilisés pour marquer l'événement, je propose que l'on s'organise en Cercle de Réflexion et d'Analyses donnant lieu à des Propositions Concrètes, Réalisables Localement qui vont dans le sens de la limitation maximum d'émissions de gaz à effet de serre tout en participant activement à la restructuration de la vie sociale.

     Sachant que tout est lié, particulièrement notre mode de vie actuelle qui est à l'origine de l'accélération de la situation, il ne serait pas luxueux d'avoir une réflexion globale et se redonner des bases nouvelles pour un autre mode de vie plus respectueux des hommes et de la terre.

     La tâche est immense mais des actions concrètes individuelles et collectives peuvent tout de suite faire changer bien des choses dans notre quotidien et dans la gestion de nos territoires.

     Exemple de réflexion :

     « la terre, l'eau sont des biens communs »

     « chaque habitant du territoire doit pouvoir manger à sa faim et sainement »

     -->actions : auprès des « pouvoirs publics », élus, SAFER et autres afin que les terres soient gérées par les citoyens, et confiées à de nouveaux producteurs locaux respectueux d'une charte sociale et environnementale. Gestion de l'eau collective (action contre la privatisation de l'eau,...)

     -->conséquences : du travail, de l'embauche locale,...l'activité rurale redémarre, donc l'habitat, donc les énergies qui vont avec,... gestion de la forêt...et la culture, le chant des sirènes et les danses au clair de lune,...

     Autre exemple tout de suite réalisable :

     « L'argent que nous avons à la banque sert à aggraver la situation actuelle car il part dans des paradis fiscaux pour investir dans...(je vous laisse imaginer) »

     « Nous consommons des produits qui viennent de très loin (plusieurs milliers de km pour les Yaourts) d'où carburant, d'où effet de serre,... »

     -->utilisons la monnaie locale (la ROUE) pour que cet argent s'échange localement sans profits et soit investi pour favoriser une production plus locale, socialement et écologiquement acceptable.

     

    -Nous avons besoin de réels engagements de citoyens, de toute appartenance, tout en gardant nos préoccupations associatives personnelles,

     -nous avons besoin de nous rassembler pour êtres nombreux ponctuellement dans les actions et montrer notre réelle conviction de vouloir faire avancer les choses.

     Il semble que bon nombre de personnes, groupes, assos diverses,... souhaitent se fédérer pour réfléchir et agir en vue de construire un mouvement qui pèserait localement.

     Il est important, pour se rassembler, de reconnaître nos différences et d'accepter d'envisager des solutions nouvelles qui iront dans le sens d'une meilleure harmonie sociale et d'un véritable équilibre écologique.

     Répondre à cet APPEL DU BON SENS, c'est donner ses coordonnées et indiquer les thèmes que vous souhaitez aborder et sur lesquels on peut compter sur vous.

     Thomas

     

     Nom :               Prénom :                  Asso, groupe,...(facultatif) :

     

    Adresse mail :                          Thèmes :

     

    (à renvoyer au Groupe Rêve et Transition-Rubrique contact)

     


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    Matthieu Ricard : « L’inertie constitue un des problèmes de l’environnement »

    Le Monde | 10.12.2015 à 06h43 • Mis à jour le 10.12.2015 à 17h19 | Par Martine Valo

    Matthieu Ricard, moine bouddhiste tibétain, interprète du dalaï-lama, essayiste, philosophe et photographe, vit au Népal depuis les années 1970. De passage à Paris à l’occasion notamment de la COP21, ce docteur en génétique cellulaire alerte sur les désastres qu’apporte déjà le changement climatique.

    Pourquoi vous intéressez-vous à la COP21 ?

    Un accord international pour le climat est a priori une affaire complexe, politiquement, économiquement, scientifiquement, stratégiquement. Pourtant cela revient finalement à une seule question, celle de l’égoïsme versus l’altruisme. Si l’on n’a aucune considération pour les générations à venir, on se fiche de ce qui va se passer dans dix ans. Après moi le déluge…

    Or pour la première fois, le sort des générations futures est entre nos mains. Il y a 10 000 ans, il y avait 5 millions d’humains, aujourd’hui non seulement il y en a 7 milliards, mais la puissance de leurs outils a été décuplée. Notre impact sur la planète est devenu déterminant. Ce n’est pas un point de vue de Bisounours. Nous sommes entrés dans l’anthropocène et nous sommes un peu dépassés par notre pouvoir sur l’environnement.

    Pourquoi est-il si difficile pour l’homme de reconnaître ses responsabilités ?

    C’est simple : comme le phénomène est global, il y a une dilution de la responsabilité. Au réveil le matin, je ne me dis pas que je saccage la planète, je n’en ai ni l’intention ni la sensation. Et ces phénomènes sont extrêmement graduels. Si le CO2 était rose et que le ciel devenait chaque jour plus rose, on serait déjà alerté. J’ai été ornithologue dans ma jeunesse. Au Croisic, en Bretagne, il y avait alors des milliers de bernaches, il n’en reste qu’une douzaine, mais leur disparition s’est produite progressivement. L’évolution nous a équipés à juste titre pour réagir à des dangers immédiats. Le futur ne fait pas mal, ou du moins pas encore. Enfin, nous sommes attrapés par l’actualité, qu’il s’agisse d’événements tragiques ou de querelles de clocher comme les élections régionales.

    Ces résultats politiques ne vous paraissent pas importants ?

    Ils comptent pour les Français, mais au regard de l’histoire cela représente une vaguelette dans un tsunami. Prenons l’immigration censée favoriser le score du Front national. Aujourd’hui, si on recevait 3 millions de migrants en Europe, cela correspondrait à 0,2 % de la population. Quand il y aura 250 millions de réfugiés climatiques qui fuiront pour survivre, une bonne partie arrivera ici. Quand 40 millions de Bengalis, dont beaucoup sont des musulmans, vont se rendre en Inde, un pays hindou, vous imaginez les conflits, les souffrances que cela va créer.

    Si l’on néglige les causes qui vont, entre autres dévastations, pousser ces gens sur les routes, il y a vraiment de quoi s’inquiéter. Sans faire preuve d’un alarmisme apocalyptique, il faut avoir la sagesse, la volonté et l’altruisme de faire en sorte d’éviter ces drames. Au premier jour de la COP21, de grands chefs d’État ont prononcé de très beaux discours − dont celui du président français. Je pensais que l’action suivrait, mais nous avons du mal à sortir du court-termisme.

    Si le dossier n’avance pas politiquement, n’aurait-il pas besoin d’être davantage relayé par des autorités spirituelles ?

    Les problèmes sont créés par des humains, à eux de les régler. On ne va pas se tourner vers un Bon Dieu pour lui demander de les résoudre ! Les religions peuvent jouer un rôle. Il a été question d’organiser une grande réunion à Paris, avant la COP, avec Desmond Tutu [archevêque sud-africain et prix Nobel de la paix], peut-être le pape, le dalaï-lama… C’est tombé à l’eau pour des raisons diplomatiques. Pas question de braquer la Chine dont on attend qu’elle prenne des décisions sages par rapport au changement climatique.

    Avez-vous noté des impasses au cours de cette COP ?

    On y a très peu parlé de l’océan, qui nous apporte pourtant de l’oxygène. Cependant l’élevage industriel est le grand absent à mes yeux. Il est la deuxième cause d’émission de gaz à effet de serre. Il est mauvais du point de vue éthique, puisqu’on tue plus de 60 milliards d’animaux terrestres et marins par an, néfaste pour la santé, source de pauvreté aussi : des millions de tonnes de céréales servent à nourrir le bétail, plutôt que des humains. Et pourtant je n’ai entendu personne dire que l’on va le réduire drastiquement dans le monde.

    Mais pourquoi est-ce si difficile de parler de tous ces sujets ?

    Dans le cas de la viande, il y a une dissonance cognitive : on sait où est le problème, mais on ne veut pas l’aborder. On ne veut rien changer à son assiette. L’inertie constitue un des problèmes de l’environnement. Il faudrait un changement de culture, de vision, en finir avec le seul opportunisme economicus, mais on préfère se dire que l’homme sera inventif, qu’il trouvera des solutions… sauf que si vous avez 30 % des espèces qui disparaissent d’ici 2050, ce n’est pas en conservant leur ADN dans un frigo qu’elles vont revenir.

    Préconisez-vous un changement de nos modes de consommation ?

    Quand on parle de décroissance, certains comprennent retour à l’âge des cavernes, alors que ce terme désigne une meilleure qualité de vie en utilisant moins de ressources naturelles. Pour être saine, intelligente, une vraie croissance devrait être incluse dans une harmonie durable. En cessant par exemple de donner500 milliardsde dollars par an de subventions aux énergies fossiles, alors qu’on cherche 100 milliardspour aider les pays pauvres à s’adapter. Pourquoi on ne décide pas ça tout de suite ?

    Au Népal, des coupures d’électricité de 12 heures sont quotidiennes ; des mères de famille font des queues d’1 km pour obtenir 3 litres de kérosène afin de pouvoir cuire le repas. A New York, j’ai vu au moins 1 000 personnes alignées, prêtes à patienter trois heures pour acheter des foulards de marque à 300 dollars au lieu de 500 ! La file d’attente de la vanité à côté de celle de la nécessité résume les inégalités économiques, causes d’insécurité et de dégâts environnementaux. Les Etats-Unis émettent 200 fois plus de CO2 que la Zambie et le Qatar, 2 000 fois plus que l’Afghanistan !

    Voyez-vous des transformations au Népal ?

    La désertification gagne des collines entières. Il y a toutes ces sources qui se tarissent et ces villages qui du coup sont abandonnés. Les paysans locaux, qui n’ont jamais entendu parler du changement climatique, disent avec tristesse que l’Himalaya devient noir faute de neige. L’an dernier j’ai vu des papillons devant mon ermitage au Népal en décembre, à 2 000 m d’altitude.

    Pourquoi voulez-vous sensibiliser l’opinion à la situation du « toit du monde » ?

    Le Tibet est symptomatique. Un scientifique chinois lui a donné le nom de « troisième pôle » car il comprend plusieurs milliers de glaciers. Ceux-ci fondent plus vite que dans les deux autres, car les fumées industrielles d’Inde et de Chine viennent s’y déposer. Outre un grave problème de déforestation, il faut surtout souligner la menace du pergélisol (ou permafrost). Si cette couche de sol gelée − dont un quart se trouve sur le plateau tibétain − fond, cela libérera des quantités énormes de méthane, un gaz 20 fois plus actif que le CO2dans le réchauffement. Cela rendra impossible de contenir celui-ci sous les 2 degrés.

    Enfin, les six plus grands fleuves de l’Asie − le Mékong comme le Brahmapoutre − viennent de là, 35 % de la population mondiale en dépendent. Le Tibet est un endroit essentiel pour tous ses voisins et pour la planète.

     

     


  • le 19 novembre 2015

     

     

    Je suis très triste en pensant aux victimes des attentats, à leurs familles, à leurs amis.

    Trés triste aussi en pensant à celles et ceux qui tuent, niant leur propre humanité,

    à celles et ceux qu'on endoctrine, leur faisant croire que l'idéal de leurs vies est de semer la haine et la mort.

    Très triste encore en pensant à nos sociétés, donc à nous tous, qui laissent tant de jeunes et moins jeunes

    dans la désespèrance matérielle et/ou morale.

     

    Je suis très inquiète, peur d'être la cible, mon chemin peut croiser celui d'un(e) criminel(le).

     

    Je suis très inquiète de ce matraquage médiatique, "la France en guerre",

    de cette spirale infernale de la violence dans laquelle on semble vouloir nous entraîner,

    du danger de voir s'installer dans notre beau pays un état policier, comme si nous tombions

    dans le piège tendu par les djihadistes.

    Oui, il faut dénoncer le massacre des innocents,oui, il faut lutter contre le terrorisme,

    oui, la sécurité doit être assurée, oui, il faut donner aux policiers les moyens de travailler

    dans de bonnes conditions avec un maximum d'efficacité.
    Mais j'aimerai aussi entendre parler bien plus de solidarité, de fraternité, j'aimerai que l'on donne des moyens

    à tous les parents et éducateurs pour qu'ils puissent sans relâche apprendre à régler les désaccords

    et conflits sans violence, éduquer au respect de l'autre, à la paix.

    Je suis révoltée par l'attitude de trop nombreux politiques qui ne pensent qu'à utiliser à leur profit

    ces dramatiques événements. Honte, honte à eux  ! Comment peuvent-ils ainsi encore davantage

    discréditer leurs fonctions éléctive et représentative de nous autres citoyens ? Comment peuvent-ils ignorer

    qu'ainsi, ils poussent encore davantage à l'abstention lors des prochaines élections, faisant ainsi le jeu des extrêmes,

    accentuant le risque du repli sur soi, du refus de la différence,de l'exclusion ?

     

    Je suis désemparée, désarmée : que puis-je faire, moi, dans mon petit coin ?

    Pas grand chose si ce n'est vous faire partager mes émotions, vous donner à lire deux textes

    (écrits à des siècles d'intervalle) qui traduisent mieux que je ne le ferai ce que je ressens

    et veiller par mon comportement, mes paroles, ma manière de vivre, à mettre en actes

    mon infini désir de justice et de paix pour tous les hommes.

    N'oublions pas toutes les victimes dans les pays qui sont vraiment en guerre,

    où les bombes et les attentats sont quotidiens, depuis tant d'années...

     

    Myriam

     

    Adage 3001 "La guerre paraît douce à ceux qui n'en ont pas l'expérience" par Erasme, grand humaniste du 16ième siècle.

     

     

     

    Voici un adage particulièrement beau et abondamment utilisé dans la littérature :

    "La guerre paraît douce à celui qui n'en a pas l'expérience"

     

    Végèce, au livre3, chapitre 14 de L'Art militaire, le mentionne ainsi : ne te fie pas trop au jeune soldat qui désire se battre, car la guerre est douce pour ceux qui n'en ont pas l'expérience. C'est une citation de Pindare : "La guerre est douce pour ceux qui n'en ont pas l'expérience, mais qui l'a connaît d'expérience est rempli d'horreur si elle s'approche à l'excès de son cœur."

     

    Si, parmi les chose humaines, il en est une qu'il convient d'entreprendre avec hésitation, ou plutôt qu'il faut par tous les moyens fuir, conjurer, repousser, c'est assurément la guerre ; rien n'est plus impie, plus funeste, plus largement destructeur, plus obstinément tenace, plus affreux ni plus complètement indigne de l'homme, pour ne pas parler du chrétien. Or il est étonnant de voir aujourd'hui comme on l'engage partout, à la légère, pour n'importe quelle raison, et comme on la fait avec cruauté et barbarie : pas seulement les païens, mais aussi les chrétiens, pas seulement les laïcs, mais aussi les prêtres et les évêques ; pas seulement les jeunes gens sans expérience, mais aussi les vieillards qui en ont fait tant de fois l'expérience ; pas seulement le peuple et la foule mobile par nature, mais en premier lieu les princes dont le devoir serait de contenir par la sagesse et la raison les mouvements irréfléchis de la sotte multitude. Il ne manque pas non plus de jurisconsultes et de théologiens qui incitent à cette abomination et, comme on dit, versent de l'eau froide.
    Aussi la guerre est-elle aujourd'hui à ce point admise que les gens s'étonnent de trouver quelqu'un à qui elle ne plaise pas, et à ce point respectable qu'il est impie et je dirai, presque hérétique, de critiquer l'entreprise à la fois la plus criminelle et la plus malheureuse au monde. Combien il serait plus juste de se demander quel mauvais génie, quel fléau, quel accès de démesure, quelle Furie a fait pénétrer pour la première fois dans l'esprit de l'homme une impulsion si bestiale, sous l'influence de laquelle cet être calme, que la nature a enfanté pour la paix et la bienveillance et qu'elle a destiné seul au salut de toutes les créatures, se précipite avec une folie sauvage et une violence insensée vers le massacre mutuel.

     

    Imagine donc des cohortes de barbares inspirant l'horreur par leur visage seul et le son de leur voix, de part et d'autre, des troupes bardées de fer en ordre de bataille, le fracas effrayant des armes et leur éclat, le grondement hostile d'une telle multitude, leurs yeux menaçants, l'appel rauque des cors, le son terrifiant de la trompette, le tonnerre des bombardes - aussi impressionnant que le tonnerre réel mais plus malfaisant - le bruit insensé, le choc furieux, la boucherie monstrueuse, le sort cruel de ceux qui meurent et de ceux qui tuent, les monceaux de cadavres, les plaines dégoutantes de sang, les fleuves teints de rouge. Parfois un frère tombe sur son frère, un parent sur un parent, un ami sur un ami et dans le déchaînement de la folie générale, enfonce son épée dans les entrailles de qui ne lui a jamais fait de tort, même en parole. Bref, cette tragédie comporte tant de maux que le cœur humain répugne à les évoquer. Je ne rapporterai pas ces autres maux, ordinaires et en comparaison légers : les moissons partout piétinées, les fermes brûlées, les villages incendiés, le bétail enlevé, les jeunes filles déshonorées, les vieillards emmenés en captivité, les églises pillées, et dans la confusion partout le vol, le brigandage, la violence. Je tairai aussi les conséquences habituelles des guerres, fussent-elles, les plus heureuses et les plus justes : le peuple dépouillé, les grands accablés d'impôts, tant de vieillards laissés seuls et plus douloureusement accablés par le massacre de leurs enfants que si l'ennemi leur avait enlevé, avec la vie, la faculté de souffrir, tant de vieilles femmes abandonnées et condamnées à une mort plus cruelle que celle par le fer, tant d'épouses veuves, tant d'enfants orphelins, tant de maisons dans le deuil, tant de riches réduits à la pauvreté. A quoi bon parler de la dégradation des mœurs, quand personne n'ignore qu'absolument tout ce qui corrompt la vie vient de la guerre ?

     

    De là le mépris pour la piété, l'indifférence aux lois, la promptitude à oser n'importe quel crime ; de cette source jaillit un flot immense de brigands, de voleurs, de sacrilèges, d'assassins. Le plus grave de tout, c'est que cette épidémie si funeste ne peut se contenir dans ses propres limites ; une fois née dans un recoin quelconque, non seulement elle envahit comme par contagion les régions voisines, mais encore, par l'effet du commerce ou à la faveur d'une alliance familiale ou politique, elle entraîne les régions éloignées dans le désordre général et la tempête des éléments. Bien plus, la guerre enfante la guerre : une vraie guerre naît d'un semblant de guerre, une très grande sort d'une très petite ; et elle accomplit souvent ce que les fables nous racontent du monstre de Lerne.

     

     

     

     

    Notes :

     

    Végèce (Publius Flavius Vegetius Renatus) est un écrivain romain de la fin du IVe et du début du V siècle.

     

    Pindare, né à Cynoscéphales, un bourg près de Thèbes, en 518 av. J.-C., mort à Argos en 438 av. J.-C., est l'un des plus célèbres poètes lyriques grecs.

     

    L'hydre de Lerne, dans la mythologie grecque, est une créature monstrueuse vivant dans les marais de Lerne, dans le Péloponnèse.

    L’Hydre de Lerne fait l’objet du deuxième des douze travaux d’Héraclès, qui est chargé par Eurysthée de la tuer.

     

    *réflexion et partage


  • Pour faciliter des prises de contact et  des initiatives de manifestations…

    Pour prendre des contacts.

    Un texte à faire lire à celles/ceux qui hésiteraient devant les discours de Valls et Hollande.

      « Nous sommes dans une logique de l’impuissance guerrière »

    Pour Jean-Pierre Dubois, président d’honneur de la Ligue des droits de l’homme, la réponse « guerrière » apportée par les politiques aux attentats de vendredi illustre leur impuissance et nous place dans une logique inefficace et sans fin.

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    Des
                    policiers à Paris, le 14 novembre 2015

    Des policiers à Paris, le 14 novembre 2015 - FRANCOIS GUILLOT/AFP

    Quelques heures après les attentats qui ont frappé la France, la question de la réaction se pose déjà. Le mot de « guerre » est sur toutes les lèvres, notamment celles du Premier ministre, au JT de 20 heures de TF1.

    La même question s’était posée après les attentats de janvier contre Charlie Hebdo, et Jean-Pierre Dubois, juriste et président d’honneur de la Ligue des droits de l’homme, nous avait alertés. Nous l’avons recontacté.

    Rue89 : Après les attentats de Charlie Hebdo, vous nous mettiez en garde contre une possible « hystérie sécuritaire », est-ce que nous avons vécu dans les mois qui ont suivi ? 

    Jean-Pierre Dubois : Après les attentats de janvier, on a entendu dans la bouche de certains gouvernants, notamment Manuel Valls et François Hollande, que nous étions en guerre.

    C’est exactement ce que l’on entend de nouveau.

    Si on est dans une logique de guerre, les mots n’ont pas beaucoup de sens, parce que personne ne sait comment faire la guerre à des gens qui ne sont pas un Etat. Comment fait-on la guerre à des gens qui ouvrent le feu au hasard avec des armes rudimentaires que l’on peut trouver très facilement ?

    Surtout, cela signifie que nous allons vers ce qui est le sort des démocraties en guerre : l’état d’exception.

    Jean-Pierre Dubois à la Fête de L’Humanité à La
                    Courneuve, le 9 décembre 2010

    Jean-Pierre Dubois à la Fête de L »Humanité à La Courneuve, le 9 décembre 2010 - SIMON ISABELLE/SIPA

    L’état d’urgence a été proclamé. Dans un premier temps, on peut se dire que c’est une situation exceptionnelle et que l’on ne peut pas y répondre autrement que par des mesures exceptionnelles.

    Sauf que quand on regarde bien, l’état d’urgence n’ajoute pas grand-chose à ce qui est devenu permanent. Les mesures antiterroristes, les lois sur le renseignement, on les a déjà, et cela ne fonctionne pas.

    Nous sommes les témoins d’une espèce d’ivresse verbale et idéologique qui répète en boucle un discours martial qui ne sert pratiquement à rien, sauf à nous habituer à vivre dans un système extrêmement dangereux.

    J’opposerais à ça ce qu’avait dit le premier ministre norvégien après la tuerie de 2011, c’est-à-dire : « Bien entendu, nous n’allons rien changer à ce que nous sommes. »

    C’est une réponse que je trouve intelligente parce que elle est la réponse la plus efficace à ce que cherchent les terroristes. Il me semble qu’ils ont perdu en Norvège, en Espagne, alors qu’ils ont gagné en 2001 aux Etats-Unis. Je crains qu’ils ne gagnent de nouveau aujourd’hui.

    On est englués dans une réponse facile politiquement : « On va faire la guerre, on va y aller, on va se venger. » Sauf que ce sont des mots. Je crains que nous passions totalement à côté de ce qui produit ce genre d’horreurs.

    Non seulement ce qu’on fait est dangereux pour nos libertés, mais cela n’est pas efficace.

    Combien faudra-t-il d’années et de dizaines de lois pour se rendre compte qu’on rajoute des couches à une stratégie qui ne fonctionne pas ?

    Aujourd’hui, à la suite de ces nouveaux attentats, quelles menaces pèsent sur les libertés publiques ? 

    Dans ce qui a été annoncé cette nuit, il n’y a pas de choses monstrueuses.

    Il y a des choses qui sont de la gesticulation. Rassembler le Congrès à Versailles pour affermir une posture de chef de l’armée, ça ne sert à rien.

    La question qui va se poser, c’est : combien de temps ? On va nous dire que le risque est permanent, et d’une certain façon, c’est vrai. Au bout d’un certain nombre de jours, qu’est-ce que l’on fait ? Vigipirate monte toujours mais ne redescend jamais, parce qu’il peut toujours y avoir des fous.

    Nous sommes dans une logique de l’impuissance guerrière. On bombe le torse, on relève le menton, mais ce n’est pas ça qui résout le problème.

    Je vois dans toutes ces horreurs la défaite du politique. Comme la seule réponse, c’est de dire : « Nous sommes encore plus terribles qu’eux », eh bien nous sommes dans une logique sans fin.

    Les quelques voix qui s’étaient élevées pour la défense des libertés vont-elles encore être audibles face à ce discours ? 

    Il y a un moment de sidération et de tristesse. Mais il va falloir poser la question de cet échec terrible de la prévention des attentats.

    Ce qui est sûr, c’est que la surveillance généralisée fait passer à côté des vraies cibles. Cette fascination pour les technologies de surveillance globale électronique fait perdre de vue ce qu’est l’efficacité, qui est le renseignement humain et l’infiltration des réseaux.

    Aujourd’hui, nous avons à la fois le recul des libertés et l’horreur au milieu de la ville de Paris.

    Il faut que l’on pose ces questions, est-ce que l’on va longtemps continuer comme ça ?

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    Mieux vaut allumer une petite lampe que de se plaindre de l'obscurité. Lao tseu


  • Objet : Liberté, égalité, fraternité, en langue bretonne !

    http://www.youtube.com/watch?v=bTF2V85deWQ&feature=youtu.be.



  • Les voeux de l’an 2014 d'Ariane Mnouchkine
    « Mes chères concitoyennes, mes chers concitoyens,
    À l’aube de cette année 2014, je vous souhaite beaucoup de bonheur.
    Une fois dit ça… qu’ai-je dit? Que souhaité-je vraiment ?
    Je m’explique :
    Je nous souhaite d’abord une fuite périlleuse et ensuite un immense chantier.
    D’abord fuir la peste de cette tristesse gluante, que par tombereaux entiers, tous les jours, on déverse sur nous, cette vase venimeuse, faite de haine de soi, de haine de l’autre, de méfiance de tout le monde, de ressentiments passifs et contagieux, d’amertumes stériles, de hargnes persécutoires.
    Fuir l’incrédulité ricanante, enflée de sa propre importance, fuir les triomphants prophètes de l’échec inévitable, fuir les pleureurs et vestales d’un passé avorté à jamais et barrant tout futur.
    Une fois réussie cette difficile évasion, je nous souhaite un chantier, un chantier colossal, pharaonique, himalayesque, inouï, surhumain parce que justement totalement humain. Le chantier des chantiers.
    Ce chantier sur la palissade duquel, dès les élections passées, nos élus s’empressent d’apposer l’écriteau : “Chantier Interdit Au Public“
    Je crois que j’ose parler de la démocratie.
    Etre consultés de temps à autre ne suffit plus. Plus du tout. Déclarons-nous, tous, responsables de tout.
    Entrons sur ce chantier. Pas besoin de violence. De cris, de rage. Pas besoin d’hostilité. Juste besoin de confiance. De regards. D’écoute. De constance.
    L’Etat, en l’occurrence, c’est nous.
    Ouvrons des laboratoires, ou rejoignons ceux, innombrables déjà, où, à tant de questions et de problèmes, des femmes et des hommes trouvent des réponses, imaginent et proposent des solutions qui ne demandent qu’à être expérimentées et mises en pratique, avec audace et prudence, avec confiance et exigence.
    Ajoutons partout, à celles qui existent déjà, des petites zones libres.
    Oui, de ces petits exemples courageux qui incitent au courage créatif.
    Expérimentons, nous-mêmes, expérimentons, humblement, joyeusement et sans arrogance. Que l’échec soit notre professeur, pas notre censeur. Cent fois sur le métier remettons notre ouvrage. Scrutons nos éprouvettes minuscules ou nos alambics énormes afin de progresser concrètement dans notre recherche d’une meilleure société humaine. Car c’est du minuscule au cosmique que ce travail nous entrainera et entraine déjà ceux qui s’y confrontent. Comme les poètes qui savent qu’il faut, tantôt écrire une ode à la tomate ou à la soupe de congre, tantôt écrire Les Châtiments. Sauver une herbe médicinale en Amazonie, garantir aux femmes la liberté, l’égalité, la vie souvent.
    Et surtout, surtout, disons à nos enfants qu’ils arrivent sur terre quasiment au début d’une histoire et non pas à sa fin désenchantée. Ils en sont encore aux tout premiers chapitres d’une longue et fabuleuse épopée dont ils seront, non pas les rouages muets, mais au contraire, les inévitables auteurs.
    Il faut qu’ils sachent que, ô merveille, ils ont une oeuvre, faite de mille oeuvres, à accomplir, ensemble, avec leurs enfants et les enfants de leurs enfants.
    Disons-le, haut et fort, car, beaucoup d’entre eux ont entendu le contraire, et je crois, moi, que cela les désespère.
    Quel plus riche héritage pouvons-nous léguer à nos enfants que la joie de savoir que la genèse n’est pas encore terminée et qu’elle leur appartient.
    Qu’attendons-nous ? L’année 2014 ? La voici.
    PS : Les deux poètes cités sont Pablo Neruda et Victor Hugo



  • "Ne doutez jamais qu'un petit groupe de gens déterminés puisse changer le monde. En fait, ça a toujours marché comme ça.” - Margaret Mead. ..."


  • Après que le dernier arbre aura été coupé 

     Après que la dernière rivière aura été empoisonnée 

     Après que le dernier poisson aura été capturé 

     Alors seulement, vous découvrirez que l'argent ne se mange pas »

    Prophétie des indiens Cree


  • Nous avons le choix entre ne rien faire
      en disant « on n'y peut rien » 
      et trouver les formes, les idées, 
      les innovations, pour réagir.  
     
     
    Albert Jacquard

     


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    Ne vous demandez pas de quoi le monde a besoin.

    Demandez-vous ce qui éveille la vie, puis faites-le.Car ce dont le monde a besoin c'est d'êtres qui éveillent la vie.

    Dr Howard Thurman 


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      "N'attends pas que les événements arrivent comme tu le souhaites. Décide de vouloir ce qui arrive... et tu seras heureux." Epictète

     

     


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    Sans commentaire... Bombarder Monsanto

  • envoyé par Stéphane:

    Les dix stratégies de manipulation de masse – Noam Chomsky

     

    Par Noam Chomsky (professeur émérite-linguiste de renommée internationale et philosophe américain : http://fr.wikipedia.org/wiki/Noam_Chomsky

    1/ La stratégie de la distraction

    Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. « Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux. » Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

    2/ Créer des problèmes, puis offrir des solutions

    Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple: laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.

    3/ La stratégie de la dégradation

    Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement.

    4/ La stratégie du différé

    Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que « tout ira mieux demain » et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.

    5/ S’adresser au public comme à des enfants en bas-âge

    La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-age ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? « Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d’une personne de 12 ans ». Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

    6/ Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion

    Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements…

    7/ Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise

    Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. « La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures. Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

    8/ Encourager le public à se complaire dans la médiocrité

    Encourager le public à trouver « cool » le fait d’être bête, vulgaire, et inculte…

    9/ Remplacer la révolte par la culpabilité

    Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution!…

    10/ Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes

    Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.

     


  • envoyées par Louis:


    "L’important ce n’est pas de vivre, moins encore de réussir,
    c’est de rester humain"
    George Orwell
    "Je déteste les discussions, elles vous font parfois changer d’avis !"
    Oscar Wilde
    "Nul besoin de faire de la Terre un paradis, elle en est un.

    A nous de nous adapter pour l' "habiter"
    Henry Miller

    P.S. : J'ajoute :

    « Ce qui va mal, ce n'est pas le monde, c'est notre manière de le regarder. »
    d' Henry Miller également.


  • « Toute personne croyant qu'une croissance exponentielle peut durer indéfiniment dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste. », K.E. Boulding, 1910-1993, fut Président de l'Association des Économistes Américains.


  • Lorsque la "démocratie" ne répond plus aux attentes et se laisse "dominer" par le marché, l'autonomie peut être une réponse et une force non-violente alternative. Thomas.