• *SoupesEtBobines] [info] 18/11 à 11h30 à la MJC de Serres sortie de la GAZETTE LIBRE DU BUECH -

     

    Information des ânes débâtés du Buech libre…

    la fabuleuse gazette libre du Buëch (et des alentours ! enfin, pas que...)

    vient tout juste de casser sa fragile coquille, avec son plus bel habit d'hiver pour justement nous accompagner dans nos prochaines longues soirées au coin du feu, dans les douces vapeurs sauvages d'une boisson de sorcière...

    Espérons qu'elle sache résister, telle le roseau de la fable, aux inévitables vagues de critiques, attaques et procès qu'elle ne manquera pas de provoquer (et c'est tant mieux ! vous l'imaginez bien, on n'est pas du genre à aimer les idées lisses et sans saveur...mais on se méfie aussi des idéologies monolithiques...). Tout en suscitant d'interminables et passionnants débats, qui trouveront peut-être leurs prolongements concrets dans des tas d'activités agri-culturelles et politiques, aussi profondément ancrées dans la recherche d'autonomie que les racines du plus vieux des chênes des hautes forêts de la vallée !

    Vous l'aurez compris, on a de l'ambition pour notre génialissime bébé (ça change au moins des tristes politicards du coin), mais suffisamment parlé :

    on vous invite toutes et tous à venir découvrir cette toute neuve (mais déjà corrosive !) publication locale, en chair et en papier,

    le samedi 18 novembre, à l'occasion d'un pic-nic partagé et probablement festif, à partir de 11h30 à la MJC de Serres 

    (ou bien, s'il fait suffisamment beau et chaud, au jardin collectif de l'Agrimaudière, à 300m de là)

    Au programme : présentation de la gazette, lectures, palabres, banquet musical... et bien évidemment amorçage de la suite ! car, comme disent certain-e-s, ça ne fait que commencer... Sérieusement, on souhaite partager le façonnage des prochains numéro de notre petite gazette (précisons que la parution est d'emblée annoncée comme irrégulière, ça met moins la pression, hein ?) avec beaucoup plus de personnes que la petite dizaine d'allumé-e-s ayant contribué à la première floraison... du coup, toute contribution écrite, dessinée, graphique ou autre est la bienvenue pour la suite !

    Et pour aiguiser vos papilles et réveiller vos sens (et pas l'inverse, nan !), voilà ici même un petit avant goût du futur festin du 18 novembre, fine et joyeuse recette mêlant édito et sommaire, habillés d'esquisses asines libérées (ayant, soit dis en passant, fortement influencé le choix du titre de ce premier numéro). A vos fourchettes !

    *SoupesEtBobines] [info] 18/11 à 11h30 à la MJC de Serres sortie de la GAZETTE LIBRE DU BUECH -

     

    Sommaire désordonné (question de principe hahaha)
    # De ferme en ferme
    # Des réseaux autour des semences, au nord et au sud du département (on vous avait bien dit que ça dépassait le Buëch !)
    # Parties de soudage en l'air
    # Courgettes à l'aigre-doux
    # Première rencontre de parents anarchistes du Buëch (et de plus loin, si si !)
    # Charivari politico-rural
    # Brève infokiosque du Buëch // Radio Zinzine (ça aussi c'est pas dans le Buëch, non ?)
    # L'île aux courtillières - points de vue croisés de jardinier-e-s
    # Et si on se mettant à glaner sérieusement ?
    # "On arrête tout, on réfléchit, et c'est pas triste" - Activités déter' à l'Agrimaudière
    # Éoliennes industrielles, on ne nous dit pas tout !
    # Radis To Fight (RTF) à Vaunières
    # Rencontre/Discussions "L'installation agricole, quelles diversités ?"



    Et pour finir, un éditoto tout fraîchement cueilli !

    Du retour à la terre à la construction d’une autonomie de fait, faisons Commune(s) dans nos vallées alpines !

    Nous sommes de plus en plus nombreux-ses à avoir pris conscience des contradictions, limites – tant écologiques que sociales – et rapports de domination inhérents au système capitaliste.

    Également en quête de sens éthique – voire politique pour certain-e-s – pour nos vies, partisan-ne-s d’un retour à la nature et à la terre, attiré-e-s par des modes de vies plus simples et sobres, nous avons déjà abandonné les centres urbains invivables, véritables aberrations écologiques et sociales, livrés à l’économie marchande, sous surveillance généralisée et fortement militarisés. Pour débarquer dans des petits coins de campagne et de montagne en voie de dépeuplement et désertification, loin des regards de l’économie capitaliste et de l’État, convaincu-e-s que « ces espaces restent un espace de liberté relative, un endroit où il est possible de vivre en expérimentant des formes d’autonomie et de sociabilité capables de nous délivrer du rythme imposé par le travail salarié et le consumérisme » (Nunatak n°0 – sept 2016).

    Et nous nous sommes mis au travail, en mettant en pratique ici et maintenant d’autres modes d’existence, en s’inspirant de ce qui fait sens dans la culture paysanne, à savoir des rapports non destructeurs à la terre, au paysage et au territoire, la recherche d'autonomie tant financière que technique, les liens de solidarité, l’entraide…Sans forcément viser une autarcie complète – selon nous impossible à réaliser, et pas vraiment souhaitable par le repli sur soi qu’elle engendre – une bonne partie de nos initiatives visent « une maîtrise la plus complète possible des chaînes de production, y compris la transformation, la distribution et la vente, dans le cadre d’une micro-économie locale et régionale redynamisée, basée sur des rapports égalitaires entre les producteurs et consommateurs, et une autogestion généralisée ». (Longo Maï – Révolte et utopie après 68 – Béatriz Graf).

    Et derrière ces possibilités d’autonomie alimentaire, énergétique, matérielle...pointe la perspective d’une autonomie politique renforcée : les bases solides de subsistance permettent l’ouverture d’espaces de liberté pour expérimenter d’autres formes de vie et de lutte, loin de la menace d’être criminalis-e-és.

    Nous pouvons déjà sortir de la logique capitaliste au travers de modes de production coopératifs, collectifs, autonomes et répondant à nos besoins, construire des sociétés sans elle, dans ses propres marges. C’est pas du folklore, c’est de la résistance ! Avec pour objectif d’entraîner en sécession des territoires suffisamment étendus pour exister plutôt que survivre, conserver des poches et graines de résistance dans un monde toujours plus policé, développer une critique en actes du capitalisme, et, à partir de là, se prendre à rêver d’une contre-attaque, en temps voulu…

    Et concrètement, sur quelles bases nous rassembler ? Et pour quel(s) projet(s) commun(s) ?

    Déjà, nous partageons une profonde envie d’autosuffisance alimentaire (jardins, petits élevages, transformations…), et un réel attrait pour les acquisitions de savoir-faire pratiques ruraux (petit artisanat, menuiserie, travail du métal, mécanique…), qui nous réunissent souvent lors de chantiers collectifs ou ateliers d’autoformation divers et variés. Sans oublier nos rencontres et fêtes pour faire vivre la vallée toute l’année ! C’est déjà une bonne base commune !

    Ensuite, l’injonction (éthique pour certain-e-s, politique pour d’autres, peu importe !) à agir rapidement et fortement pour changer le monde dans lequel nous vivons, à notre échelle et depuis la base, doit nous conduire à dépasser collectivement nos – finalement – petites divergences et avancer ensemble. Avec le souci continu de respecter les individualités parties prenantes du collectif. Sans oublier, comme nous le rappelle l’expérience zapatiste au Chiapas (Mexique), que résister sans construire est stérile, et qu’il est insensé de penser que l’on peut construire (une autre réalité) sans résister (pour défendre celle-ci contre les attaques du système dominant).

    Et ça tombe bien, car les opportunités existent dans les marges ! Et organisé-e-s collectivement, nous serons d’autant plus fort-e-s. Autrement dit, il ne manque pas grand-chose pour que nos multiples initiatives (plus ou moins dispersées) forment mouvement !

    Justement, c’est un peu l’idée directrice du tout jeune réseau « liberterres05 », qui rassemble déjà plusieurs dizaines d’individus et de collectifs motivés par la recherche d’autonomie matérielle et politique en milieu rural, d’abord pour nos différents lieux et surtout de manière collective à l’échelle de nos villages et de nos vallées ! De l’organisation de chantiers collectifs chez les un-e-s et les autres à la mise en culture de parcelles communes, en passant par des soirées discussions-lectures-projections et des ateliers pratiques d’auto-formation, les activités n’ont pas manqué en 2016 et 2017, et des réalisations concrètes ont donné corps à notre volonté de s’auto-organiser collectivement au plus près de nos territoires de vie, sans intermédiaire institutionnel normatif ni rapports de hiérarchie ou de domination d’aucune sorte.

    Voilà donc par cette gazette un petit aperçu de nos activités passées, pour témoigner de modes d’organisation alternatifs et surtout donner des idées pour préparer la suite, car l’automne pointe déjà et réveille en nous tout un tas de projets pour l’année prochaine… Avec tout plein de chantiers collectifs et de belles rencontres en perspective, et des luttes… peut-être ?

     

    Les Ânes débâtés du Buëch libre