• *LINKY: À Céreste, la réunion "d’information" vire à la polémique

    Lundi 22 octobre, Enedis, en présence de la sous-préfète Fabienne Ellul, invitait 21 maires, principalement de la montagne de Lure, à une réunion "d’information", à laquelle étaient finalement conviés deux des trente opposant·es venu·es exprimer leur refus du Linky devant la salle de la Gardette (et qui parvinrent à assister tou·tes à la fin des débats).

     

     

     

    Eh bien non, les maires ne sont pas les moutons dont rêve Enedis. Des élu·es, notamment de Saumane, Revest-des-Brousses, Reillanne, sont venu·es chambouler le dispositif de communication bien rôdé d’Enedis pour exprimer avec sincérité et parfois crûment leur incompréhension et leur exaspération face au bulldozer Linky.

     

     

     

    Ils ont abordé de nombreux thèmes, dont

     

     

     

    - la tentative de déposséder les communes de leurs prérogatives et de la propriété du réseau basse tension, dont les compteurs, par des recours administratifs contre leurs décisions conservatoires et à la faveur de la négociation des nouveau contrats de concession avec Enedis pour 2022

     

     

     

    - le non respect des normes de sécurité électrique par le Linky et les modalités de son déploiement, l’obligation pour Enedis d’assumer les travaux nécessaires du fait que Linky possède des fonctions différentes de celles des compteurs antérieurs et l’impossibilité pour les communes et la population d’engager en amont les travaux sur les installations existantes

     

     

     

    - les risques sanitaires induits par le surplus d’ondes électromagnétiques et particulièrement le CPL, courant porteur en ligne, qui instille de façon quasi permanente dans la totalité du circuit électrique des pulsations générant des ondes dans des fréquences pour lesquelles l’étude des effets physiologiques préconisée par l’ANSES, Autorité nationale de sécurité sanitaire, n’a pas été effectuée

     

     

     

    - l’inutilité d’un comptage au niveau individuel des flux d’injection et de soutirage de courant pour l’intégration des énergies renouvelables mais, en revanche, l’utilité du Linky pour ouvrir complètement le marché de l’électricité à la concurrence, concomitamment à la fragilisation des dispositifs de régulation par la privatisation des barrages

     

     

     

    Non, Monsieur Matheron (directeur territorial d’Enedis 04-05), la polémique n’est pas l’œuvre d’individus malfaisants. Elle est l’œuvre d’Enedis, de l’accumulation de ses mensonges, de ses procédés sournois et brutaux, dénoncés jusque par la ministre même qui avait signé la loi portant déploiement des compteurs communicants, Ségolène Royal, réaffirmant en avril 2017 que celui-ci « ne doit en aucun cas être une contrainte imposée aux usagers », où que se situe leur compteur.

     

     

     

    Et, des contre-vérités, nous y avons encore eu droit !

     

     

     

    Arguant de sa mission de service public, Enedis nous est présenté comme une entreprise publique n’ayant rien à vendre. Comme si l’on pouvait ignorer qu’il s’agit d’une société anonyme, filiale d’une autre société anonyme qui a beaucoup de mal à vendre ses centrales EPR. Comme si la Cour des comptes n’avait pas souligné – une participante y a fait allusion – que le programme Linky rapportait beaucoup à Enedis, aux dépens des usager·es. Comme si les déclarations de M. Monloubou, pdt du directoire d’Enedis sur l’inscription de sa firme dans le « Big data » étaient dénuées de visée commerciale.

     

     

     

    Enedis énonce le programme Linky en trois lettres : PPP, pour Permettre, Permettre, Permettre. Alors que tout y repose sur une obligation ! M. Matheron l’a répété : « Linky est obligatoire ». Pour lui, l’abonné peut refuser l’entrée de son logement, il ne peut en aucun cas refuser le Linky, tôt ou tard il devra l’accepter.

     

     

     

    Enedis continue de nier l’évidence au sujet du CPL du Linky « procédé filaire qui ne dégage pas d’ondes », alors que le CSTB, Centre scientifique et technique du bâtiment, mandaté officiellement  par l’ANSES, a prouvé le contraire.

     

     

     

    On n’en finirait pas de relever les affirmations oiseuses. Ce n’est pas ainsi que se rétablira la confiance et la sérénité exigée des participant·es par Madame la Sous-préfète !

     

    Face à tant de dissimulation, il est devenu impossible d’accorder foi aux affirmations selon lesquelles, par exemple, le "breaker" unipolaire du Linky serait une protection supplémentaire à celle du disjoncteur, et serait étalonné à l’identique des compteurs antérieurs pour couper le circuit en cas de dépassement de la puissance autorisée par le contrat, malgré la modification du mode de comptage.

     

     

    Bref, la lutte continue !