• *16 et 19 mai : allons soutenir nos co-pain-es !

     

    En provenance de nos amis du 06…mésaventures de mamie et papis solidaires, racontées avec beaucoup d’humour,  suivies d’une pétition et d’une contribution nécessaire à leur défense !

    Nous avons reçu un message de soutien de Richard Moyon – co-fondateur de RESF – PARIS

    Merci de diffuser largement au-delà des cercles déjà informés :

     

    Mardi 16 mai 2017  13h30
    Tribunal de grande instance de Nice, procès de Françoise Gogois,René Dahon, Gérard Bonnet et Dan Oudin, prévenus d'avoir aidé à l'entrée sur le territoire national de personnes en situation irrégulière
    Vendredi 19 mai  8h30
    Tribunal de grande instance de Nice, délibéré du jugement de Francesca Peirotti, prévenue d'aide à l'entrée sur le territoire national de personnes en situation irrégulière.

     

     

    Communiqué de presse :

    Une mamie et 3 papis en procès à Nice pour "aide aux migrants"

    Après Claire Marsol, Cédric Herrou, Pierre Alain Mannoni et Francesca Peirotti, un nouveau procès dans les Alpes Maritimes contre des aidants à des êtres humains quelle que soit leur nationalité.
    4 retraités, Françoise Gogois, Dan Oudin, Gérard Bonnet dit Gibi et René Dahon sont poursuivis pour aide au séjour et au transport de personnes en situation irrégulière.
     

    Pourtant, ils n’ont fait que pallier les défaillances - accueil, gîte, couvert - ou comportements illégaux des autorités (violation du droit d’asile, délaissement de personnes vulnérables, reconduite à la frontière sans respect de la procédure. Cf. Synthèse d’Amnesty International de février 2017 et condamnation du préfet des Alpes-Maritimes par le Tribunal administratif le 30 mars 2017)
     

    C’est pour ces actes de solidarité citoyenne que ces quatre militants encourent 5 ans de prison et 30 000 € d’amende... La solidarité est hors de prix !

    Contacts pour la médias : 
    Gibi 06 81 07 74 94
    René 06 16 29 65 24
    Dan 06 18 22 04 16

    Leur témoignage ci-dessous :

     

     

     

    Une belle brochette de papis-mamies qu’ils ont dit quand ils nous ont arrêté et accusé « d’aider des migrants »...

    D’abord y’a René le trappeur, il a jamais rien chassé à part les marmottes à la jumelle. Gibi la mousse, la fleur entre les dents mais qui l’empêche pas de se marrer ! Il y aussi Françoise, en public elle ne la ramène pas trop, mais en petit comité, quand ça cogite de travers, elle sait remettre les choses au carré et puis ça file droit. Moi c’est Dan de St Etienne, un copain de longue date, un gars du Nord comme ils disent ici !

    Nous on voulait se la couler douce au soleil, taquiner la truite, presser les olives,  la retraite dans la vallée de la Roya à 2 pas de l’Italie où tu manges des pizza dans le vieux Vintimille et où tu vas chercher ton pastis et ton tabac détaxé…

    La Roya c'est une vallée aux confins de la France et de l’Italie. Au Sud, elle s’ouvre sur la Côte d'Azur, la Riviera des fleurs, la mer. Au Nord, elle est la gardienne des sommets du Mercantour avec sa Vallée des Merveilles...C’est un vrai paradis pour prendre une retraite méritée, après une vie bien remplie : des enfants, des petits enfants, mais aussi un investissement dans des activités associatives, culturelles, dans la politique locale. Enfin, tout bien, quoi !
    Un territoire où la frontière fait des méandres entre France et Italie  jusqu’à la ville de Vintimille. Cette ligne de partage n’est jamais un problème pour les habitants, français et italiens : tous se connaissent de près ou de loin. Sauf que...

    Voici les faits : Cette vallée tranquille se retrouve sans préavis sous les feux d’une actualité, d’une crise migratoire et de l’accueil dont les enjeux planétaires la dépassent.

    Premier épisode : le Printemps arabe 2011 jette sur les côtes des vagues de jeunes Tunisiens venus chercher refuge en France en quête de mieux vivre...

    Deuxième épisode : printemps 2015, à leur tour, les  premiers Soudanais, Erythréens fuient les dictatures sanglantes de leurs pays, des Africains de l'Ouest aussi et des Afghans. Ce sont des hommes de plus en plus jeunes, des femmes, des enfants…
    Et donc, un jour, inévitablement tu les rencontres dans la vallée de la Roya. Les voir au bord de la route t’interpelle : tu te demandes spontanément comment leur venir en aide… Alors tu échanges un regard, quelques paroles. Une autre fois, tu donnes de la nourriture, des vêtements, ce que tu as sous la main. Il n’y a pas de quoi en faire un scoop : c’est simplement décliner au présent le beau mot de solidarité…  Une autre fois encore, au détour d'une route sinueuse, par une  nuit froide ou un jour pluvieux, tu proposes un hébergement, un transport. Mais la frontière est là, état d’urgence oblige… Pour toi elle est une formalité, mais pour eux, c’est un mur qui ne dit pas son nom…. Cela t’interpelle encore.



    Troisième épisode : novembre 2015,  pour cause de COP 21, au nom de la sécurité, des frontières à géographie variable et ajustable sont rétablies avec ses PPA (appelés ironiquement Points de Passages Autorisés), ses contrôles militaro-policiers de plus en plus fréquents, et leurs corollaires, des arrestations au faciès, des reconduites illégales à la frontière sans respect des droits pourtant élémentaires des jeunes migrants qui veulent demander asile dans notre beau pays et sont bien loin des préoccupations sécuritaires des autorités. Pas de protection des femmes et des enfants, ni des mineurs isolés, de la part des représentants de l’Etat, pas ou peu d'aide humanitaire côté français. Dans le même temps, trop de prises de paroles haineuses teintées de  xénophobie et de repli sur soi par des élus pris d'une excitation électoraliste nauséabonde, n’hésitant pas à  faire des amalgames honteux : solidaires = irresponsables = terroristes = migrants = aidants…

    Au matin du 6 janvier 2017,  les conditions météo hivernales sont dures : froid, pluie, boue. Il y a déjà beaucoup trop de monde chez Cédric Herrou (environ 60 personnes) Ce dernier ne peut plus faire face seul et appelle au secours….
    Petite parenthèse pour dire que, depuis un moment, tourne dans les têtes l'idée que notre bel Etat de droits  est dans l'illégalité, qu'il ne remplit pas les obligations qu’il s’est lui-même assignées en matière d’accueil des migrants : le devoir de protéger les mineurs, celui de garantir aux nouveaux venus, mineurs ou pas, la possibilité de s’adresser aux services compétents pour demander asile dans notre pays, celui d’apporter une once d'humanité au nom de notre belle devise républicaine dont le troisième principe est celui de fraternité. Au contraire, l’Etat veut faire la preuve de fermeté, montre du doigt, traque aussi bien les réfugiés que les aidants solidaires. Alors, puisque l’État est défaillant, il vient un jour où tu décides en toute conscience de  prendre la relève et de faire preuve de fraternité à la place des autorités.

     Revenons au récit de notre arrestation : 6 janvier 2017, 13 heures ; une équipe de quatre « papis » et « mamie » retraités (Françoise Gogois, Dan Oudin, René Dahon et Gérard Bonnet dit Gibi) décident de mettre à l'abri quelques-uns de ces réfugiés. Pour cela, ils auraient dû traverser une frontière « artificielle » en France constituées de 12 PPA à l’intérieur du département servant principalement à refouler les exilés hors de notre territoire, quelle que soit leur situation.

     C'est dans ce contexte que la bande des quatre retraités prend un autre itinéraire, se  fait arrêter, mettre en garde à vue 24 heures. Garde à vue dans une geôle sordide et glacée, transports menottés, et où tu as le temps de te dire  «  mais qu'est-ce que j’ai fait de si grave, et dans quel pays suis-je pour mériter pareil traitement à plus de 60 balais ? Décliner au présent le beau mot de solidarité mérite-t-il une telle sanction ?»

    Plus tard nous apprendrons que c'était suite à une dénonciation. Cela donne aussi à réfléchir…
    Quant aux réfugiés, les deux mineurs ont été confiés à l’ASE (Aide Sociale à l’Enfance). Les quatre majeurs ont été reconduits manu militari à la frontière sans respect des procédures.

    Beaucoup de choses se sont améliorées ces derniers temps dans notre vallée,  pour les exilés comme pour ceux qui leur viennent en aide. Le respect du droit commence à reprendre sa juste place. Cela n’est pas allé de soi et même si quelques batailles ont été gagnées, la lutte continue. Nous devons donc, dans la durée, parce que c'est loin d'être fini, rester en toute conscience debout, justes et solidaires.
    Nous voilà maintenant à quelques jours de notre procès, dans cette France qui vote... Souhaitons que l'on se dirige vers la lumière, que l'on applique le droit, que l'on tourne le dos à la haine, au rejet et la peur de l'autre.
    En attendant, le procès de ces 4 solidaires aura lieu le 16 mai, à 13h30 au tribunal correctionnel de Nice…Peines maximum encourues : 5 ans de prison, et 30000€ d’amende… La solidarité est hors de prix !

    Vous que ces événements interpellent, vous qui êtes sensibles aux enjeux humains et politiques de ce procès, venez nombreux pour marquer par votre présence votre solidarité. Rendez-vous place du Palais de Justice de Nice le 16 mai à 13 heures 30.

    Toutes les photos à part le dessin extrait de la BD "les vieux fourneaux" sont libres de droit et peuvent être utilisées librement.

    Pétition de soutien : https://www.change.org/p/solidarit%C3%A9-avec-les-solidaires

    Cagnotte pour frais d'avocats de tous les solidaires : https://www.helloasso.com/associations/association-pour-la-democratie-a-nice-adn/collectes/solidarite-avec-les-solidaires

    http://citoyenssolidaires06.com/?p=3468
    http://roya06.unblog.fr